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Le centre de détention Tanguay pour femmes fermera ses portes

L'établissement de détention Maison Tanguay où sont détenues des femmes fermera... (PHOTO ARCHIVES LA PRESSE)

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L'établissement de détention Maison Tanguay où sont détenues des femmes fermera ses portes d'ici quelques mois, a appris La Presse.

Les détenues seront transférées au centre de détention Leclerc à Laval qui deviendra donc mixte.

Selon nos informations, des représentants du ministère de la Sécurité publique rencontrent en ce moment même des employés de la Maison Tanguay et du centre Leclerc pour leur faire part la nouvelle. 

En tout, 248 places seront réservées aux femmes au centre Leclerc contre 84 pour les hommes. Selon le Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec (SAPCSQ), une grande partie des 160 détenus ou prévenus de Leclerc seront donc transférés dans d'autres centres de détention du Québec.

L'annonce affectera quelque 230 employés, dont 98 agents correctionnels de Tanguay qui seront tous transférés à Laval ou ailleurs dans le réseau. Émilie Simard, attachée de presse de la ministre de la Sécurité publique Lise Thériault confirme à La Presse qu'aucun employé régulier ne se retrouvera sans emploi.

Le ministère de la Sécurité publique (MSP) fait valoir que les installations de l'établissement sont désuètes pour expliquer cette fermeture.

«Des analyses approfondies quant aux travaux à effectuer sont en cours et permettront de déterminer ce qu'il adviendra du bâtiment et d'un potentiel retour de la population carcérale à l'EDMT [Établissement de détention Maison Tanguay]», a indiqué le MSP par voie de communiqué.

«Dans l'intervalle, cette mesure contribuera à l'atteinte des objectifs gouvernementaux d'équilibre budgétaire», reconnaît toutefois le ministère.

Aux yeux du syndicat, il ne fait aucun doute que les compressions budgétaires sont à l'origine de cette décision.

«Leclerc n'est pas beaucoup plus récent», souligne Mathieu Lavoie, président du SAPCSQ. L'établissement Leclerc appartient au gouvernement fédéral. Après avoir choisi de fermer la prison en 2013, Ottawa avait accepté de louer cet établissement au gouvernement du Québec pendant 10 ans.

«Le fédéral ne voulait plus de Leclerc justement parce que c'était désuet, souligne M. Lavoie. Alors maintenant Québec doit le rénover. Mais est-ce qu'ils vont avoir les moyens de poursuivre les rénovations dans un contexte d'austérité, on ne le sait pas.»

Mme Simard, au cabinet du MSP affirme que toutes les rénovations prévues seront effectuées. Elle précise que les travaux à l'Établissement Leclerc coûtent moins que ceux qui auraient été nécessaires à Tanguay.

«Mon impression est que la raison de la désuétude est une excuse bonbon pour éviter de parler d'austérité, croit toutefois M. Lavoie. Ils venaient de construire de nouveaux ascenseurs dans Tanguay.»

Surpopulation carcérale

L'ouverture de l'Établissement de détention Leclerc à Laval, à l'automne dernier, avait permis de juguler temporairement la surpopulation carcérale, selon des données obtenues par La Presse cet été.

La fermeture de Tanguay fait maintenant craindre à plusieurs employés l'aggravation des problèmes de surpopulation carcérale. 

«Les détenus hommes qui seront transférés dans le réseau vont accentuer la pression sur le réseau, c'est certain, déplore M. Lavoie. La Protectrice du citoyen le dit chaque année, les problèmes de surpopulation augmentent les tensions.»

La Protectrice du citoyen avait d'ailleurs souligné dans son rapport de l'an dernier qu'une des conséquences de cette surpopulation est le transfert fréquent de détenus.

M. Lavoie ajoute que la surpopulation entraîne des problèmes avec le «classement» des détenus.

«Les prévenus [qui attendent de subir leur procès] et les détenus [qui purgent une peine] sont mélangés, peu importe leur degré de dangerosité», affirme-t-il.

«Cette nouvelle décision compromet la sécurité, c'est une décision absurde.»

Mathieu Lavoie
président du Syndicat des agents de la paix en services correctionnels du Québec

Quant aux analyses du MSP afin de décider de l'avenir de Tanguay, M. Lavoie croit qu'il ne s'agit que d'un écran de fumée pour calmer la colère des employés. 

«Tout ça est très nébuleux, il n'y a aucune échéance, aucun projet précis. Ce serait très étonnant que l'établissement rouvre ses portes un jour. L'affirmation du MSP n'est qu'une petite lotion pour calmer les irritations», illustre-t-il. 

Mme Simard du MSP a par ailleurs confirmé à La Presse que des formations seront offertes aux agents correctionnels qui devront travailler pour la première fois avec une population carcérale mixte.

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