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La crise d'Oka a inspiré des mouvements autochtones partout au monde

Le soldat canadien Patrick Cloutier et le Warrior... (PHOTO SHANEY KOMULAINEN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE)

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Le soldat canadien Patrick Cloutier et le Warrior Brad Laroque se sont fait face pendant de longues minutes, le 1er septembre 1990, durant la crise d'Oka.

PHOTO SHANEY KOMULAINEN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

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Giuseppe Valiante, Peter Rakobowchuk
La Presse Canadienne
Oka

La crise a monopolisé les manchettes internationales, avec des Mohawks et des soldats canadiens armés, opposés dans un face-à-face conflictuel qui semblait souvent sur le point de dégénérer en véritable combat.

Et 25 ans plus tard, pour beaucoup qui ont vécu la tension palpable à l'ouest de Montréal, l'héritage de la crise d'Oka est une plus grande conscience des problèmes vécus par les Autochtones.

Les militants, les artistes et les professeurs des Premières Nations disent que bien qu'il soit difficile de faire des liens directs, le soulèvement d'Oka en 1990 a inspiré des mouvements autochtones au pays tels que les récentes protestations d'«Idle no More» (L'inaction, c'est fini) en 2012 et les demandes de plus en plus pressantes pour la tenue d'une enquête fédérale sur les très nombreuses femmes autochtones disparues ou assassinées.

Le professeur de l'Université d'Ottawa Marcelo Saavedra-Vargas, qui est spécialisé dans l'étude des peuples indigènes, a qualifié la crise d'Oka de «réveil politique» qui a été ressenti partout dans le monde.

«Je peux vous dire - de par ma propre expérience - que les mouvements sociaux indigènes en Bolivie, qui ont finalement mené une personne indigène à la présidence, ont aussi été inspirés par les événements d'Oka», a-t-il dit en entrevue.

M. Saavedra-Vargas a ajouté que lors de pow-wow et d'autres célébrations sur le continent, «il est toujours possible de rencontrer des guerriers Mohawks parler de leur fierté de ce qui s'est passé. Ils gardent le souvenir bien vivant».

Lorsque la ville d'Oka a décidé en 1990 de permettre l'agrandissement d'un terrain de golf sur un territoire contesté - incluant sur le site d'un cimetière mohawk - les habitants de la communauté adjacente mohawk de Kanesatake se sont soulevés.

Après la décision de leur Conseil, les Mohawks ont érigé une barricade sur une route de terre menant au golf.

Après qu'ils eurent refusé d'obtempérer à une injonction, un affrontement a eu lieu avec les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) et le caporal Marcel Lemay a été tué par balle le 11 juillet. D'où est venue cette balle demeure encore un mystère.

Le gouvernement du Québec a appelé en renfort les Forces armées canadiennes et environ 800 membres du Royal 22e Régiment ont encerclé les Mohawks dans la pinède du golf avec du fil barbelé.

«Le premier ministre Robert Bourassa nous a appelés dans son bureau le jour après la fusillade et nous a dit - il a été clair - qu'il ne voulait pas d'autres morts», a dit en entrevue Sam Elkas, qui était alors ministre de la Sécurité publique.

Après 78 jours de négociations, les parties en sont venues à une entente: les barricades faites de terre et de véhicules de police endommagés devaient être défaites en échange de l'annulation de l'agrandissement du terrain de golf.

Les territoires contestés demeurent encore aujourd'hui un point de discorde et n'ont jamais été officiellement cédés par les Mohawks ni remis à la communauté autochtone par le gouvernement provincial ou fédéral.

«Vous atteignez un point après un certain temps où vous devez vous tenir debout», a dit la résidante de Kanesatake Linda Simon, qui était là lors des événements violents. «Les terres communes ont été peu à peu données et vendues et on est arrivés à un point ou les gens ne pouvaient plus l'accepter».

Les événements de 1990 ont mené à la Commission royale sur les peuples autochtones en 1996, qui a permis de conclure de nouvelles ententes entre les Autochtones et les non Autochtones, comme l'accord de partage de ressources en 2002 appelée la Paix des Braves entre le gouvernement du Québec et le Grand Conseil des Cris.

La cinéaste Alanis Obomsawin, qui a réalisé le documentaire Kanehsatake: 270 ans de résistance sur la crise, a dit que les événements de 1990 avaient inspiré les jeunes Autochtones au pays et sensibilisé les gens aux réclamations territoriales des Premières Nations.

«Lorsque je vais dans l'Ouest, les gens (autochtones) me disent: 'Alanis, on ne pourrait jamais remercier assez les Mohawks pour ce qu'ils ont fait'.»

Malgré tout cela, de nombreux problèmes demeurent, comme des réclamations de terres ancestrales non réglées et des abus policiers contre les Autochtones perpétrés lors de la crise d'Oka.

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