• Accueil > 
  • Actualités 
  • > Un ex-tireur d'élite de l'armée canadienne à l'assaut de l'EI 

Un ex-tireur d'élite de l'armée canadienne à l'assaut de l'EI

Surnommé «Wali», l'ex-tireur d'élite s'entraîne sur un champ... (PHOTO MARTIN LEBLANC, LA PRESSE)

Agrandir

Surnommé «Wali», l'ex-tireur d'élite s'entraîne sur un champ de tir de fortune dans la région de Québec, en vue de son départ.

PHOTO MARTIN LEBLANC, LA PRESSE

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers >

Le groupe État islamique

International

Le groupe État islamique

Après avoir fait d'importants gains en Syrie face aux troupes d'Assad, les djihadistes de l'EI ont pris l'Irak d'assaut s'emparant d'importants pans du pays, dont la deuxième ville, Mossoul. Une offensive visant à créer un État islamique en pays sunnite, à cheval sur l'Irak et la Syrie. »

Un ex-tireur d'élite du Royal 22e Régiment veut aller combattre le groupe armé État islamique avec des combattants kurdes en Irak. Il n'est pas le seul Canadien à le faire. Au moins une demi-douzaine d'ex-soldats de l'armée canadienne sont sur place, aux côtés de centaines de combattants étrangers qui mènent leur propre guerre contre les djihadistes.

Pendant ses deux missions comme tireur d'élite au sein des Forces armées canadiennes, les Afghans l'appelaient «Wali». Ce surnom lui est resté. Le tireur d'élite de 33 ans s'apprête maintenant à repartir au front. Mais cette fois-ci, il se battra sans le soutien de l'armée canadienne.

Depuis décembre, Wali (nous devons taire son vrai nom pour des raisons de sécurité) s'entraîne pour aller combattre le groupe armé État islamique. Comme l'on déjà fait au moins une demi-douzaine d'autres ex-soldats de l'armée canadienne depuis la fin de l'été dernier, il le fera aux côtés des Peshmerga, ces combattants kurdes du nord de l'Irak.

Trois organisations kurdes, avec lesquelles l'ancien militaire a établi des contacts, accueillent les combattants occidentaux à bras ouverts. Ils leur fournissent sur place une arme et une mission, dont la nature varie énormément d'un combattant à l'autre.

«Je veux aller combattre et filmer», dit Wali, que La Presse a rencontré cette semaine sur un champ de tir de fortune dans la région de Québec, où il s'entraîne en vue de son départ.

«Je vais avoir une arme d'une main, la caméra de l'autre. Mon but, c'est d'essayer de convaincre la population, à travers les histoires des héros qui se battent contre l'EI, qu'il est nécessaire d'envoyer des troupes et de l'armement lourd pour les aider à gagner leur guerre. J'aimerais ça contribuer à la guerre de l'image contre l'EI», dit-il.

Au sein de l'armée, le militaire a fait plusieurs projets multimédias. Il a aussi publié un livre de photos relatant une de ses missions en Afghanistan. Ce week-end, il a lancé une campagne de sociofinancement sur Kickstarter et sur le site du projet, BesideHeroes.com, pour l'aider à couvrir les dépenses de réalisation du documentaire.

Est-ce légal?

Pour être sûr de ne pas violer la loi, il a lui-même contacté la GRC ces derniers jours pour l'avertir de son plan. Des policiers l'ont rencontré chez lui. Mais rien dans la loi n'empêche les ressortissants canadiens comme Wali de se battre à l'étranger, tant qu'ils ne rejoignent pas les rangs d'un groupe qui figure sur la «Liste des entités terroristes» établie par le ministère fédéral de la Sécurité publique.

Dillon Hillier et Brandon Glossop, deux ex-soldats canadiens qui ont combattu aux côtés des Peshmerga ces derniers mois, disent être revenus au pays sans même se faire questionner aux douanes.

«Une fois retraités, nos anciens soldats redeviennent des citoyens privés. Ce qu'ils font, ça ne nous regarde pas», a indiqué le porte-parole de la Défense nationale, Daniel Blouin. La GRC n'a pas rappelé La Presse hier.

Officiellement, le ministère de la Défense n'apprécie cependant pas trop le phénomène. «Nous encourageons les Canadiens qui veulent combattre les terroristes génocidaires de l'ISIL à joindre les Forces armées canadiennes, qui ont un véritable impact en affaiblissant les capacités de cette organisation», a déclaré la semaine dernière le ministre de la Défense, Jason Kenney, dans une déclaration transmise au National Post.

Une déclaration qui fait sourire Wali. «Si j'avais à gager, je ne parierais pas cher sur mes chances d'être déployé dans un rôle de combat en Irak au sein de l'armée au cours des prochains mois», constate-t-il.

La date précise de son départ reste pour le moment inconnue. L'ex-soldat dit être très conscient des risques qu'il s'apprête à prendre, incluant celui de tuer ou de blesser des innocents. «J'ai été formé pour prendre des décisions difficiles au front. J'ai un code d'éthique. Ouvrir le feu n'est jamais une décision qu'on prend à la légère.»

Sociofinancement

L'ex-tireur d'élite a fait appel au grand public pour financer son projet de documentaire par l'entremise de Kickstarter et du site BesideHeroes.com. La méthode s'est révélée efficace pour Dillon Hillier, un autre ex-militaire qui est allé se battre aux côtés des Peshmerga. En février, une campagne de sociofinancement lancée par ses proches sur Indiegogo.com a permis de récolter plus de 17 000$ auprès de 205 donateurs pour l'achat de lunettes de vision nocturne.

Des organisations qui recrutent

Lions of Rojava

Très présente sur Facebook, Lions of Rojava est probablement l'organisation kurde la plus active dans le recrutement de soldats occidentaux. Elle affiche des vidéos en ligne expliquant comment rejoindre ses rangs. Sa mission est «d'envoyer les terroristes de l'EI en enfer et sauver l'humanité». L'organisation est une filiale des Unités de protection du peuple (YPG). Ce groupe entretient des liens étroits mais imprécis avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui figure sur la Liste des entités terroristes du ministère fédéral de la Sécurité publique.

Dwekh Nawsha

Cette milice a pour mission de défendre la minorité chrétienne assyrienne d'Irak et de Syrie. Son nom signifie «futurs martyrs» en araméen, la langue parlée par Jésus Christ. Les médias occidentaux ont rapporté que plusieurs ex-soldats français et américains ont rejoint ses rangs ces derniers mois.

YPG - Les Unités de protection du peuple

Puissantes et très politiques, les Unités de protection du peuple organisent des camps d'entraînement, auxquels certains volontaires occidentaux disent avoir participé. Récemment, plusieurs volontaires ont rapporté à des agences de presse avoir eu de mauvaises expériences avec l'organisation, qui a été qualifiée de «gauche radicale» par certains.

Des combattants canadiens au front

Dillon Hillier

Âgé de 26 ans, ce vétéran de la guerre en Afghanistan et fils d'un député conservateur ontarien s'est joint aux Peshmerga en novembre dernier. Une vidéo le montrant en train de soigner un frère d'armes au front, a fait beaucoup de bruit au Canada anglais.

Gill Rosenberg

Canadienne de 31 ans, originaire de Vancouver, dont le recrutement par l'YPG a fait énormément de vagues dans l'Ouest. En décembre, des sites djihadistes ont prétendu l'avoir kidnappée au front, ce qui s'est révélé faux. Rosenberg a dû purger une peine de prison en Israël après un vol. Elle a aussi eu des problèmes de consommation de drogue par le passé.

Peter Douglas

Canadien de 66 ans qui s'est enrôlé en disant qu'il ne lui reste pas plus de 10 ans devant lui pour changer le monde. «Je veux combattre [le groupe] l'État islamique, même si c'est peut-être la dernière chose que je fais de ma vie», a-t-il déclaré à l'agence Reuters.

Partager

À découvrir sur LaPresse.ca

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer