Visite surprise de Stephen Harper en Irak

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Les liens entre l'Irak et le Canada se sont considérablement élargis au cours des dernières années.

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Murray Brewster
La Presse Canadienne
BAGDAD

Le premier ministre Stephen Harper a effectué samedi une visite surprise en Irak, où il a rencontré son homologue irakien Haider al-Abadi et annoncé une importante contribution financière à la région déchirée par la guerre.

M. Harper a également rendu visite aux forces canadiennes qui entraînent des combattants kurdes, les peshmerga.

Des questions sur la mort du soldat Andrew Doiron par des tirs alliés ont été soulevées durant la visite, qui l'a mené près de la ligne de front, à environ 10 kilomètres des positions des combattants du groupe armé État islamique (EI). Le premier ministre a déclaré qu'il s'agissait d'une tragédie, mais qu'elle ne devait pas amoindrir le respect que le Canada voue aux peshmerga, qui ont résisté à l'EI l'été dernier et réussi à limiter son avancée dans la région.

Le gouvernement fédéral y a annoncé 167 millions de dollars en promesses d'aide et d'équipement de sécurité.

Ottawa a annoncé une somme additionnelle de 139 millions en aide humanitaire non seulement pour le territoire irakien, mais également pour la Syrie, la Jordanie et le Liban afin de gérer la crise des réfugiés provoquée par la montée du groupe État islamique.

Une autre somme de 26 millions de dollars a été promise pour la stabilisation et le développement. Et plus de 1,9 million est mis de côté pour procurer aux combattants kurdes des robots télécommandés servant à la neutralisation des bombes ainsi que des lunettes de vision nocturne.

À Erbil, M. Harper a été accueilli par Massoud Barzani, le président de la région kurde semi-autonome. Une garde d'honneur de combattants peshmerga et une horde de médias kurdes étaient sur place.

La visite, sous haute sécurité et dans un silence médiatique partiel, survient au moment où le gouvernement chiite planifie la prochaine étape de la campagne, soutenue par la communauté internationale, visant à éradiquer le groupe État islamique.

Plus tôt, le premier ministre canadien a été accueilli au palais présidentiel de Bagdad avec tous les honneurs militaires.

Un entretien avec le premier ministre al-Abadi a duré une quarantaine de minutes, et ce dernier a louangé le Canada pour sa participation à la coalition internationale qui lutte contre l'EI.

«Nous sommes évidemment ici pour discuter non seulement de notre relation, mais la question très particulière de l'opposition à l'EI», a affirmé M. Harper.

«Vous pouvez être sûrs que nous allons continuer à travailler avec vous, pas seulement sur le problème de la sécurité, mais sur les enjeux plus généraux humanitaires et du développement qui touchent le peuple irakien.»

La coalition internationale dirigée par les États-Unis, qui a mené des frappes aériennes pour prêter main-forte aux troupes irakiennes et kurdes et offert de l'entraînement militaire, répète depuis plusieurs mois que l'avancée de l'EI a été stoppée.

Cependant, le groupe islamiste a surpris Washington et Bagdad, à la mi-avril, en lançant une offensive près de Ramadi, mettant en question la prochaine phase de la campagne aérienne.

Le Canada a notamment déployé 69 membres des forces spéciales pour aider les combattants kurdes dans le nord de l'Irak, près de la ville de Erbil. Le Canada a aussi dépêché de l'équipement militaire, dont des avions de combat et des ravitailleurs, un engagement récemment prolongé jusqu'à mars 2016.

Les liens entre l'Irak et le Canada se sont considérablement élargis au cours des dernières années. Le Canada a ouvert une nouvelle mission diplomatique à Bagdad en avril 2013. Cette ouverture a été suivie, en 2014, par l'inauguration du bureau commercial du Canada et d'un centre de réception des demandes de visa, à Erbil.

L'influence de l'Iran sur le gouvernement al-Abadi inquiète particulièrement, d'autant plus que le régime de Téhéran aurait déployé, en mars, des fusées et missiles pour aider l'Irak à reprendre Tikrit. Quelque 30 000 combattants de milices entraînés par l'Iran ont participé à cette bataille pour reprendre la ville sunnite stratégique.

Le blâme pour la montée islamiste est surtout tombé sur le prédécesseur de M. al-Abadi, Nouri al-Maliki, dont les politiques répressives et brutales ont ostracisé une grande partie de la population sunnite. Récemment, M. al-Abadi a renvoyé certains généraux nommés par son prédécesseur, accepté l'aide de conseillers militaires américains et conclu deux ententes pétrolières avec le gouvernement régional kurde.

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