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Un ex-agent de la CIA raconte les débats suscités par Maher Arar

En février dernier, John Kiriakou est sorti de... (PHOTO Alexander Panetta, LA PRESSE CANADIENNE)

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En février dernier, John Kiriakou est sorti de prison, où il a passé deux ans après avoir été le premier agent à révéler des méthodes secrètes de la CIA à la presse. On le voit ici feuilleter le manuscrit d'un livre qu'il souhaite publier sur son expérience en prison.

PHOTO Alexander Panetta, LA PRESSE CANADIENNE

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Alexander Panetta
La Presse Canadienne

Un ancien agent a décrit le débat qui a fait rage au sein de l'Agence centrale de renseignement américaine (CIA) concernant l'arrestation, l'extradition et la torture du Canadien Maher Arar. Plusieurs de ses collègues auraient exprimé des réserves quant aux actions de la CIA, parce qu'ils étaient convaincus qu'ils punissaient un homme innocent.

Le compte rendu de l'ancien agent de la CIA John Kiriakou apporte un nouvel éclairage aux évènements de 2002-2003 qui ont donné lieu au Canada à une enquête publique et un dédommagement de 10,5 millions de dollars de la part du gouvernement canadien. Aux États-Unis, des poursuites ont été intentées, mais n'ont jamais abouti.

Ce rare aperçu des discussions qui se sont déroulées au sein de la CIA concernant le sort de Maher Arar a été donné au cours d'une entrevue qui s'est déroulée dans la maison de John Kiriakou, à Arlington, en Virginie. L'ex-agent a décrit comment il est passé de responsable des opérations de contre-terrorisme au Pakistan après le 11 septembre 2001 à premier employé de l'agence à remettre publiquement en question la torture.

En février dernier, John Kiriakou est sorti de prison, où il a passé deux ans après avoir été le premier agent à révéler des méthodes secrètes de la CIA à la presse.

Le rôle de la CIA dans les évènements de 2002-2003 n'a jamais été examiné publiquement, car il n'entrait pas dans les limites du mandat de l'enquête publique canadienne sur le traitement réservé à Maher Arar.

Au cours de l'entrevue, M. Kiriakou a refusé de discuter de ses relations avec les services secrets canadiens, mais a accepté de discuter du cas de Maher Arar.

L'ex-agent américain a exprimé son dégoût quant au rôle de son pays dans l'expulsion de l'ingénieur canadien né en Syrie vers son pays natal, où il a été torturé. Il s'est aussi dit écoeuré par l'absence d'excuses américaines à M. Arar.

John Kiriakou a aussi décrit la dynamique au sein de la CIA au début de l'affaire Arar. Une agente de moyen à haut rang - qu'il a refusé d'identifier - aurait ignoré à répétition les objections de ses subordonnés et insisté pour aller de l'avant avec l'extradition et l'arrestation.

M. Arar a été arrêté à l'aéroport John F. Kennedy de New York en septembre 2002, à l'occasion d'une escale de retour vers le Canada, pour être extradé dans une prison syrienne où il a été torturé à plusieurs reprises durant son année de détention.

«Comme vous avez pu le voir dans le film Zero Dark Thirty, il y a certaines personnes au sein de la CIA qui ont insisté pour aller de l'avant», a résumé John Kiriakou en entrevue.

Il a toutefois refusé de dire si l'agente en question est celle qui a inspiré le personnage principal du film, qui a été nommée par certains médias et liée dans une enquête du Sénat américain sur la torture à l'extradition injustifiée d'un autre homme innocent, Khaled el-Masri.

LA CIA a refusé de commenter les révélations de son ancien agent, tout comme Maher Arar.

L'avocate américaine de ce dernier, Maria LaHood, a toutefois souligné qu'il était à peu près temps que ces détails soient dévoilés, même s'ils ne répondent pas à toutes les questions toujours en suspens.

Une autre avocate, auteure d'un livre sur l'extradition de Maher Arar et de trois autres Canadiens, abonde dans le même sens. «Comme Canadiens, nous avons besoin de savoir qui a convaincu et qui a exercé de la pression sur cet agent de la CIA?», fait valoir Kerry Pither.

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