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Lutte contre les agressions sexuelles: la FFQ demande un plan «robuste»

Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Alexa Conradi, présidente de la Fédération des femmes

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

La Fédération des femmes du Québec (FFQ) réclame un nouveau plan d'action «robuste» pour lutter contre les agressions sexuelles et la «culture du viol».

Le prochaine politique publique, qui doit remplacer le «Plan d'action gouvernemental 2008-2013 en matière d'agression sexuelle», devra prévoir des mesures s'étalant de la petite enfance à l'âge adulte, a déclaré la présidente de la FFQ, Alexa Conradi, lundi.

«Ce n'est pas tant au niveau de la législation qu'on veut voir des changements, de toute façon les législations au Code criminel relèvent du fédéral. Ce qu'on voudrait, c'est un plan d'action robuste sur la prévention, l'éducation, la sensibilisation et on veut que ça commence dès la petite enfance jusqu'à l'âge adulte et que ce soit en continu», a-t-elle expliqué.

La FFQ et d'autres groupes de femmes ont été conviés à des consultations particulières en commission parlementaire, des consultations faisant suite à la vague de dénonciations d'agressions sexuelles qui avait déferlé sur le Québec l'automne dernier dans les médias sociaux.

Selon Mme Conradi, les agressions sexuelles restent encore trop banalisées au Québec et souvent les victimes en supportent le blâme. Ce phénomène traduit une certaine culture du viol, pense la présidente de la FFQ.

«Lorsqu'on regarde la quantité d'agressions sexuelles que les femmes vivent au cours de leur vie, je dirais, oui, absolument», a dit Mme Conradi au sujet de l'existence d'une culture du viol au Québec.

«Ce n'est peut-être pas une culture machiste comme on peut en voir à d'autres endroits, mais il y a des situations où les agressions sexuelles sont banalisées, les femmes sont tenues responsables du comportement des hommes et tout cela a tendance à créer des conditions concrètes dans lesquelles les femmes sont prises pour cibles, notamment lorsqu'elles sont jeunes», a-t-elle ajouté.

La présidente de la FFQ avance que 83 pour cent des victimes d'agression sexuelle sont des femmes et 97 pour cent des agresseurs présumés sont des hommes. Elle cite aussi les résultats de recherches qui démontreraient qu'une femme sur trois au cours de sa vie aura subi une agression sexuelle.

Il faut en finir avec la banalisation de la violence sexuelle, a renchéri la députée Manon Massé, de Québec solidaire.

«Il faut que ça arrête, ça n'a pas de bon sens, a-t-elle dit. Cette banalisation a comme impact de développer une culture du viol qui fait que c'est comme si c'était normal. C'est comme si ce rapport de possession était normal, c'est ça qu'il faut déconstruire.»

Comme Québec solidaire, la FFQ propose que le gouvernement mette l'emphase sur l'éducation sexuelle des écoliers et des étudiants pour développer la notion de «rapports sexuels égalitaires consensuels». Elle demande aussi à Québec de contraindre toutes les institutions d'enseignement de se doter d'une politique contre le harcèlement sexuel et les agressions sexuelles.

De plus, elle suggère de mettre à contribution les Centres de la petite enfance (CPE) pour qu'ils offrent un environnement aux tout-petits exempt de sexisme.

«Il y a des choses qu'on peut faire dans les CPE pour ne pas reproduire des modèles sexistes. Dans le matériel d'éducation on peut s'assurer qu'il n'y ait pas de recours à des stéréotypes sexuels, dans les jouets aussi, tous ces éléments-là, a argué Mme Conradi. Un stéréotype sexuel attribue à l'avance un rôle pour les garçons et un rôle pour les filles et il faut faire éclater ça».

Les attentes des groupes de femmes sont élevées et le gouvernement «n'a pas le droit» de les décevoir, a conclu la présidente du groupe de pression féministe.

De son côté, la ministre responsable de la Condition féminine, Stéphanie Vallée, a affirmé que le phénomène de la banalisation des agressions sexuelles, alimenté par les médias sociaux, était «un enjeu» sur lequel souhaite se pencher le gouvernement.

Le «Plan d'action gouvernemental 2008-2013 en matière d'agression sexuelle» comportait une centaine de mesures dont «certaines ont porté fruits», a fait valoir la ministre, avouant du même souffle qu'il y a place à l'amélioration.

«Je suis persuadée qu'on peut faire mieux, a-t-elle opiné sans préciser davantage. On est en mode écoute. La prévention passe-t-elle par l'éducation? Certainement. De quelle façon ça peut se mettre en place? On verra.»

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