Québécois en Syrie: «mon frère ne prie même pas»

L'aîné des six jeunes Montréalais soupçonnés d'être partis rejoindre un groupe... (PHOTO ARCHIVES REUTERS/STRINGER)

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L'aîné des six jeunes Montréalais soupçonnés d'être partis rejoindre un groupe terroriste en Syrie buvait de l'alcool et ne faisait pas ses prières, selon son frère, qui doute fortement qu'il se soit rallié au djihad armé.

Yahia Alaoui Ismaili, 29 ans, n'a pas donné signe de vie à son frère Younes depuis la mi-janvier, juste avant que ce dernier ne rapporte sa disparition à la police. La Gendarmerie royale du Canada lui a confié qu'il avait pris un avion jusqu'en Turquie, où il n'a pas de famille.

«Je ne lui ai pas reparlé depuis», a-t-il confirmé. Il a ajouté qu'il s'interroge sur cette mystérieuse disparition et qu'il s'inquiète pour ses parents. «Il n'a pas donné signe de vie, c'est pour ça que j'ai appelé la police.»

Il serait l'aîné des six Montréalais partis vers le Proche-Orient il y a maintenant six semaines. Les autres jeunes soupçonnés d'être allés apporter du renfort à un groupe terroriste ont 18 ou 19 ans.

«Mon frère ne prie même pas. Quelqu'un qui est radical, il va dire que mon frère est un non-croyant, a ajouté M. Alaoui Ismaili. Il buvait de l'alcool. Il était vraiment loin de la religion. [...] D'ailleurs, avant que mes parents arrivent [à Montréal], il a sorti toutes les bouteilles d'alcool à l'extérieur.»

Une petite semaine avant son départ, Yahia Alaoui Ismaili aurait condamné les attentats de Charlie Hebdo, toujours selon son frère Younes. «Il m'a dit que [les caricaturistes] n'avaient pas le droit de faire ça, a-t-il relaté. [Ils] ne pouvaient pas rire [du Prophète], il y a des limites, mais [les musulmans] pouvaient faire des manifestations, des trucs légaux. Il était contre la mort des caricaturistes.»

Il a aussi émis l'hypothèse que Yahia était parti vers le Proche-Orient, mais sans l'intention de prendre les armes.

«Même les gens qui partent en Syrie, ça ne veut pas dire nécessairement qu'ils vont faire le djihad, a-t-il dit. Ils ont plein de camps de réfugiés là-bas. Il y a plein de gens qui vont faire du travail humanitaire.»

Le Service de police de la Ville de Montréal a refusé de commenter la situation.

«Ça n'avançait pas»

Un membre du personnel de Polytechnique Montréal qui l'a connu trace le portrait d'un étudiant médiocre sans idées radicales.

Selon cette source fiable, M. Alaoui Ismaili n'était pas assidu dans sa fréquentation de l'établissement. «Il était inscrit, ça ne veut pas dire qu'il venait. On peut être étudiant un certain temps avant de se faire dire qu'on doit sortir. [Dans son cas], la procédure a été faite et on lui a bien envoyé une lettre pour lui dire qu'il devait partir parce que ça n'avançait pas», nous a-t-on expliqué.

Annie Touchette, des communications de Polytechnique Montréal, a indiqué à La Presse que M. Alaoui Ismaili était inscrit en génie informatique jusqu'en décembre dernier, mais pas pour le trimestre d'hiver 2015.

Younes Alaoui Ismaili dit au contraire avoir eu la confirmation que son frère était toujours inscrit à l'université.

L'employé de Polytechnique s'accorde toutefois avec Younes sur le fait que le jeune homme n'avait pas le profil type du djihadiste. «Je ne pense même pas qu'il priait, nous a-t-on confié. Vous me dites qu'il serait parti vers la Syrie, et je ne le crois pas.»

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