Le SOS d'une cancéreuse

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À 34 ans, Mai Duong souffre d'une rechute de leucémie et a peu de chances de trouver un donneur compatible.

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Mai Duong se remettait d'une leucémie quand le cancer est revenu. Sa survie dépend maintenant d'une greffe de cellules souches, mais l'espoir est mince: parce qu'elle est d'origine vietnamienne, la maman de 34 ans a peu de chances de trouver un donneur compatible.

Alors qu'elle était en rémission d'une première leucémie, la Montréalaise Mai Duong a appris que son cancer était revenu en mai dernier. Pour guérir, sa seule option est de subir une greffe de cellules souches. Mais parce qu'elle est d'origine vietnamienne, la maman de 34 ans a peu de chances de trouver un donneur compatible.

« Les minorités visibles sont vraiment sous-représentées dans les registres de donneurs. J'ai peu de chances de trouver quelqu'un », affirme Mme Duong en entrevue de sa salle d'isolation de l'hôpital Maisonneuve-Rosemont, où elle suit actuellement des traitements.

Le problème de recrutement de donneurs issus des communautés culturelles est bien connu chez Héma-Québec. Ils comptent pour seulement 4,7 % des donneurs. En ce qui a trait aux dons de cellules souches, la proportion atteint à peine 1 %.

« Trouver un donneur compatible, c'est comme gagner à la loto. Et c'est encore plus difficile quand tu n'es pas caucasien. »

- Laurent-Paul Ménard, directeur des communications d'Héma-Québec

« Je ne sais pas pourquoi, mais les gens des minorités visibles donnent moins. Je leur lance un appel à l'aide pour qu'ils se mettent à donner. Parce que la maladie peut frapper n'importe quand », affirme Mme Duong.

GROSSESSE TERMINÉE

Publiciste dans une grande boîte de Montréal, Mme Duong était enceinte de 15 semaines quand elle a appris qu'elle souffrait de leucémie. C'était en 2013. « J'ai passé des prises de sang pour ma grossesse. On a trouvé des cellules cancéreuses dans mon sang. Je n'ai pas pu garder le bébé. J'ai dû subir plusieurs traitements de chimiothérapie », raconte-t-elle.

Ses traitements terminés, Mme Duong est tombée en rémission. « J'étais certaine que j'étais correcte », dit-elle. Mais lors d'un suivi de routine en mai, son médecin lui a annoncé la terrible nouvelle : elle vivait une rechute. Le seul traitement qui peut maintenant la sauver est une greffe de cellules souches.

Incompatible avec son frère, Mme Duong a été placée sur la liste du Registre de donneurs de cellules souches québécois, canadien et international. Mais les chances de trouver un donneur compatible sont minces. Elles sont d'environ une pour 750 000 pour un Blanc (caucasien), et encore moindres pour une personne d'origine vietnamienne comme Mme Duong.

En attendant, la Montréalaise continue de subir des traitements de chimiothérapie. Elle est actuellement en isolation à l'hôpital Maisonneuve-Rosemont pour quatre à six semaines, car son système immunitaire est à zéro.

Ces séjours sont pénibles. Mme Duong est séparée de son mari et de sa fille de 4 ans. « On se parle par internet. Je déjeune avec elle. Je l'aide à choisir ses vêtements à distance. Mais ce n'est quand même pas évident », relate-t-elle.

DONNEURS RECHERCHÉS 

Les amis de Mme Duong planifient actuellement une journée de recrutement de donneurs de cellules souches d'origine vietnamienne et distribuent des dépliants dans leur communauté. Une compétition de bateaux-dragons se tiendra les 26 et 27 juillet au bassin olympique à Montréal et une tente d'Héma-Québec sera sur place pour enregistrer des donneurs pour Mai Duong.

« Les gens qui veulent donner pour moi doivent l'inscrire sur leur feuille d'inscription. Exceptionnellement, les donneurs âgés jusqu'à 50 ans peuvent donner pour moi. Si ce n'est pas compatible pour moi, ce le sera peut-être pour une autre personne. Le but, c'est de dire qu'en donnant du sang, des cellules souches et du sang de cordon, on peut sauver des vies », souffle Mme Duong.

Du côté d'Héma-Québec, on dit faire plusieurs efforts pour recruter des donneurs de diverses communautés. En 2012, une campagne a notamment été menée dans la communauté chinoise de Montréal. « Dans les registres mondiaux, environ 3 % des donneurs étaient d'origine chinoise contre seulement 0,06 % ici », explique M. Ménard.

La Société canadienne du sang mène aussi une campagne constante pour recruter des donneurs des communautés ethniques. « Depuis 2008, nous avons augmenté de 14 % le nombre de donneurs de différentes origines », indique la porte-parole, Michelle Thibodeau.

LES DONS EN TROIS QUESTIONS

QUI PEUT DONNER ?

Les gens âgés de 18 à 35 ans en bonne santé et n'ayant jamais souffert de cancer dans le passé.

COMMENT PROCÉDER ?

Il faut d'abord contacter Héma-Québec pour s'inscrire à leur registre de donneurs. Un prélèvement de salive est ensuite fait pour analyser le profil génétique du donneur. Quand un malade a besoin d'un don et qu'un donneur compatible est trouvé dans le registre, ce donneur est contacté pour s'assurer qu'il est toujours désireux de donner ses cellules. Le cas échéant, le don peut être réalisé.

COMMENT LES CELLULES SOUCHES SONT-ELLES PRÉLEVÉES ?

Les cellules souches peuvent être prélevées dans la moelle osseuse ou dans la circulation sanguine périphérique. La moelle osseuse est retirée des os du bassin du donneur avec des aiguilles. Le donneur doit être sous anesthésie générale ou épidurale.

Pour les cellules souches périphériques, on injecte au donneur une substance qui augmente la quantité de cellules souches circulant dans le sang. On collecte ensuite le sang du donneur à l'aide d'une aiguille plantée dans son bras. On conserve les cellules souches et on réinjecte le sang au donneur.

Les cellules souches peuvent également être prélevées dans le sang du cordon ombilical des nouveau-nés. Les futures mères qui le désirent peuvent s'inscrire à la banque publique de sang de cordon d'Héma-Québec.

Pour plus d'information : www.hema-quebec.qc.ca ou 514 832-5000

EN CHIFFRES

NOMBRE DE PERSONNES INSCRITES AU REGISTRE DES DONNEURS DE CELLULES SOUCHES

AU QUÉBEC : 35 000

AU CANADA : 341 000

DANS LE MONDE : 19 MILLIONS

ORIGINE DES DONNEURS DE CELLULES SOUCHES AU CANADA

CAUCASIENNE (BLANCHE) 71 %

COMMUNAUTÉS CULTURELLES 26 %

INCONNUE 3 %

VIETNAMIENNE 1 %

Source : Société canadienne du sang




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