Laval craint des inondations

Le niveau élevé de la rivière des Mille-Îles... (Photo: Robert Skinner, La Presse)

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Le niveau élevé de la rivière des Mille-Îles inquiète les riverains.

Photo: Robert Skinner, La Presse

Les autorités municipales lavalloises sont en état d'alerte. Avec la pluie prévue lundi et mardi sur la grande région métropolitaine, la sécurité publique craint que le niveau de la rivière des Mille-Îles et de la rivière des Prairies monte rapidement, inondant du même coup plusieurs quartiers résidentiels.

Des montagnes de sable ont déjà été déversées à 15 endroits dispersés dans les quartiers riverains de l'île Jésus. Les citoyens dont les maisons bordent les rivières sont invités à se rendre dans une caserne de pompiers afin de se procurer des sacs de jute, de les remplir de sable et d'isoler l'accès qui mène à leur propriété.

Dimanche après-midi, alors que la pluie prévue se faisait attendre, des résidants marchaient sur la berge de la rivière des Mille-Îles, dans le quartier Fabreville, situé dans l'ouest de la ville. Ils fixaient l'eau glaciale qui se jetait sur une partie de la rue. Certains étaient inquiets que les averses des prochains jours entraînent la rivière hors de son lit.

«L'eau peut monter très rapidement. En une journée, nos terrains peuvent être inondés. Hier, j'ai aidé un voisin qui transportait des cadres du sous-sol à l'étage. On ne prend pas de chance quand on a des objets de valeur», a expliqué calmement Doreen Dumont, qui habite le quartier depuis 50 ans.

La rivière et ses caprices printaniers, Mme Dumont les connaît. Déjà petite, il n'était pas rare que l'eau monte jusqu'à la porte de sa maison. Ce genre de scénario catastrophe ne s'est toutefois pas produit depuis plus de 15 ans, estime-t-elle.

«L'eau montait bien plus haut avant», a ajouté quelques instants plus tard son père, Normand New, le patriarche de la rue. Il habite à Fabreville depuis toujours, dit-il en ricanant.

«Avant, quand ça montait, j'utilisais mon bateau qui était équipé d'un moteur 75 forces pour emmener les enfants où l'eau était plus basse, afin qu'ils prennent l'autobus qui se rendait à l'école. Une fois, je me souviens avoir placé mes motoneiges sur ma table à pique-nique, pour les protéger de l'eau. C'était peine perdue», se souvient-il.

La pluie de toutes les inquiétudes

Laval s'attendait à ce qu'un système dépressionnaire s'abatte sur la région, dimanche, ce qui n'était finalement pas le cas en milieu d'après-midi, lorsque La Presse a visité ses quartiers.

«Cette situation a finalement permis une stabilisation du débit de l'eau, notamment pour la rivière des Prairies et la rivière des Mille-Îles. Mais c'est seulement un répit», prévient toutefois l'hydrologue Rachel Bazile, d'Hydro-Météo.

La pluie attendue sur le sud et l'ouest du Québec au cours des prochains jours, accompagnée de températures clémentes, pourrait entraîner un ruissellement de fonte relativement important «pour tous les bassins versants où il reste un couvert de neige suffisamment important pour générer de la fonte», explique Mme Bazile.

C'est notamment le cas pour le bassin de l'Outaouais, analyse pour sa part Thomas Blanchet, porte-parole au ministère de la Sécurité publique.

«Il faut regarder le lac des Deux-Montagnes, dont le niveau commence à monter, et les rivières des Prairies et des Mille-Îles, qui sont toutes tributaires du bassin de l'Outaouais. [...] Nous surveillerons la situation de près», conclut M. Blanchet.

Plusieurs cours d'eau sous surveillance

La rivière Chaudière déborde

Certaines municipalités riveraines de la Chaudière sont inondées. C'est notamment le cas à Beauceville, dans la région de Chaudière-Appalaches, où un embâcle s'est formé sur la rivière en plein centre-ville. Une quarantaine de maisons sont touchées, ainsi qu'une vingtaine de commerces. Pour le coup, la municipalité a diffusé en avis d'évacuation. Cette situation se répète chaque année dans cette région. Les citoyens, préparés, sont souvent équipés de pompes à eau, explique la sécurité publique.

La rivière Saint-François donne «un coup d'eau»

Un embâcle qui s'est formé près de Drummondville ce week-end, qui s'est détaché puis déplacé jusqu'à Pierreville a provoqué l'évacuation préventive d'une quarantaine de maisons dans le Centre-du-Québec. C'est ce qu'on appelle «un coup d'eau», explique Thomas Blanchet, porte-parole du ministère de la Sécurité publique. Les familles ont pu réintégrer leur domicile, dimanche. Le niveau de la rivière est maintenant stable, mais demeure élevé. À Sherbrooke, la situation est également suivie de près.

North Hatley inondé, mais pas évacué

Des rues de la municipalité de North Hatley, en Estrie, étaient complètement inondées, ce week-end. Des résidences ont aussi été touchées. Toutefois, les autorités municipales n'ont pas diffusé d'avis d'évacuation. Les inondations ont été causées par un embâcle qui s'est formé sur le lac Massawippi.

Le niveau de la rivière Châteauguay redescend

Après des inondations mineures à certains endroits, la rivière Châteauguay est revenue dans son lit. Même si la neige a fondu et que la glace s'est dispersée sans former d'embâcles, les autorités surveillent toutefois le secteur de près. Avec les précipitations prévues pour les prochains jours, les villages de Huntingdon et d'Ormstown sont à risque.




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