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Des prédicateurs islamistes radicaux attendus à Montréal

Quatre conférenciers-vedettes francophones, dont un «diplômé en charia»,... (Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse)

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Quatre conférenciers-vedettes francophones, dont un «diplômé en charia», sont attendus au Palais des congrès au début du mois de septembre.

Photo: Hugo-Sébastien Aubert, La Presse

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On verra bientôt débarquer à Montréal des prédicateurs islamistes européens qui bannissent la mixité, qui considèrent qu'une femme doit raser les murs dans la rue, que c'est un péché de lui serrer la main, que de refuser de porter le voile est «pire» que d'avoir le cancer ou encore que la télévision est un «poison» à cause des lectrices de nouvelles «dénudées».

Cette manifestation baptisée «Entre ciel et terre» est organisée par le «Collectif 1ndépendance», qui rassemble des «jeunes musulmans montréalais», lit-on sur leur site internet.

Quatre conférenciers-vedettes francophones, dont un «diplômé en charia», sont attendus au Palais des congrès au début du mois de septembre.

Comme l'a constaté La Presse, certains de ces invités, qui exercent en France, tiennent des propos plutôt musclés et misogynes dans leurs prêches lorsqu'ils abordent la question des rapports hommes-femmes et de la place de la femme dans la société contemporaine. Tous ces discours sont accessibles sur l'internet.

Nader Abou Anas, un orateur très en verve qui adopte un ton et un langage qui se veulent «cool» pour séduire son jeune auditoire, taille en pièces la «mixité» hors mariage. Il exhorte d'ailleurs les jeunes à «arrêter immédiatement toute relation copain-copine. [...]. «Efface tous les numéros de filles dans ton téléphone, sinon tu vas te faire découper le jour du jugement.»

Et le prédicateur de mentionner à son auditoire qu'il n'y a aucune «honte» à agir ainsi, puisque «celle qui s'habille super court, elle n'a pas eu honte».

Nader Abou Anas affirme qu'on n'a pas le droit de «toucher une femme, de lui serrer la main»: «C'est déjà de la fornication, de l'adultère», tranche-t-il. Il lance aussi ce conseil à la gent féminine: «Ma soeur, ne crois pas que de t'habiller serré, court et de te parfumer tu vas te trouver un mari [...] Les hommes sont des loups, ils veulent juste prendre ta virginité.»

Servante obéissante

Dans un autre discours intitulé «Le vêtement de la femme», il justifie l'obligation du port du voile assorti à l'interdiction de tout accessoire. Pas de bijoux, pas de paillettes, pas de boucles d'oreille, pas de pantalons. C'est «interdit», martèle Nader Abou Anas. «La femme ne doit pas être attirante», affirme-t-il. Et ne pas se parfumer. Sauf à la maison, pour son mari, dit-il.

Farid Mounir, un autre conférencier, s'est déjà aussi livré dans un prêche à une charge contre les femmes et la télévision, ce «poison qu'il faut laisser à l'extérieur de ta famille et ta demeure». Pourquoi? À cause des lectrices de nouvelles «dénudées». «On regarde les informations, on a des demoiselles qui sont presque toute nues [...] on voit tout! Et personne ne baisse la tête», s'exclame-t-il.

Interdits d'entrée?

Au bureau du ministre fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration Chris Alexander, on explique dans un courriel que «tous les visiteurs au Canada sont tenus de respecter les lois et les valeurs canadiennes. S'ils ont fait quoi que ce soit qui viole nos lois, ils peuvent être considérés comme inadmissibles au Canada. Notre gouvernement est fier de son bilan en matière de condamnation de l'intolérance, de la haine et des pratiques culturelles barbares», écrit son attaché de presse, Alexis Pavlich.

En 2011, l'Assemblée nationale du Québec avait voté une motion unanime pour demander à Ottawa d'interdire la venue de deux islamistes anglais également invités à une conférence, à cause de leurs propos «rétrogrades» qui «vont à l'encontre des valeurs fondamentales de la société québécoise». Les deux hommes avaient tout de même pu s'exprimer, à Montréal notamment.

Hier, le ministre responsable des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, n'a pas donné suite aux demandes d'entrevues de La Presse.

Impossible aussi de parler aux organisateurs de la conférence.

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