Vaillancourt ciblait la plupart des candidats-vedettes

Les anciens candidats Serge Ménard, Thomas Mulcair et... (Photo: David Boily, archives La Presse)

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Les anciens candidats Serge Ménard, Thomas Mulcair et Joseph Facal ont notamment été ciblés par l'ex-maire de Lavail Gilles Vaillancourt (photo).

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L'ex-maire de Laval Gilles Vaillancourt a tenté de distribuer des enveloppes d'argent comptant à la plupart des candidats-vedettes de Laval aux élections provinciales, selon les documents obtenus par La Presse.

Dans ces documents d'enquête de l'Unité permanente anticorruption (UPAC), on explique en détail le système de remise d'enveloppes. En plus des candidats Serge Ménard, Vincent Auclair, David Cliche et Thomas Mulcair, au moins un autre futur député avait été ciblé, soit Joseph Facal, selon un des témoins interrogés par les policiers de l'UPAC.

Le témoin en question est Claude Vallée, de l'ex-firme d'ingénieurs Vallée Lefebvre. L'homme d'affaires, qu'on a vu à la commission Charbonneau, faisait des collectes de fonds lors d'élections municipales et provinciales.

Leduc, la «folle»

«Lors de l'élection de 1994, écrivent les policiers, Vallée confirme avoir reçu une enveloppe cachetée de Gilles Vaillancourt présumée contenir 10 000$. Lors de cette rencontre, Gilles Vaillancourt lui a dit: «Lyse Leduc, je lui donne rien, car elle est folle. Facal, je suis embêté, je vais passer par le jeune Allarie. Cliche, je l'aime bien, c'est un bon petit gars, je lui ai donné 10 000$. Alain va s'occuper de Ménard» », est-il écrit dans les documents de l'UPAC.

Lyse Leduc, Joseph Facal, David Cliche et Serge Ménard sont tous d'anciens députés péquistes dans des circonscriptions de Laval. Thomas Mulcair, ex-député libéral de Chomedey, a déclaré aux policiers avoir refusé l'argent de Vaillancourt, tandis que le libéral Vincent Auclair a admis aux policiers l'avoir accepté.

Les documents obtenus hier par La Presse sont ceux qui avaient été déposés en Cour pour justifier les perquisitions effectuées à plusieurs endroits l'automne dernier, notamment au domicile de Gilles Vaillancourt. La Presse a obtenu une version décaviardée des documents. Une grande partie fait toutefois l'objet d'une ordonnance de non-publication de la Cour.

Nous n'avons pu joindre Joseph Facal, mais rien n'indique dans les dénonciations de l'UPAC qu'il ait accepté l'offre de l'ex-maire de Laval. D'ailleurs, les policiers ne précisent pas l'avoir interrogé.

Dans son témoignage, Claude Vallée affirme qu'en 1994, il a remis l'enveloppe de 10 000$ reçue de Gilles Vaillancourt à l'attaché politique de David Cliche, Michel Goyer. Il ne peut toutefois dire si David Cliche a eu connaissance de l'existence de cette enveloppe venant de Vaillancourt.

Selon les documents, David Cliche a aussi été interrogé par les enquêteurs de l'UPAC. L'ex-ministre de l'Environnement leur a mentionné «avoir parlé de la remise d'enveloppe à Michel Goyer, que ce dernier a nié[e]», est-il écrit dans les documents.

Femme légèrement vêtue

Par ailleurs, David Cliche a raconté aux policiers s'être vu offrir une compensation par le maire de Laval pour avoir réglé un dossier, en 1993, soit avant son élection. On lui proposait de faire une facture à Meubles Vaillancourt (copropriété de l'ex-maire), ce qu'il a refusé.

M. Cliche dit également avoir été abordé par une femme légèrement vêtue, après son élection de 1994, dans son local électoral. «Elle lui a déclaré qu'elle venait au nom de quelqu'un d'autre pour vérifier de quelle façon il marchait. Elle a ouvert son sac à main, dévoilant une liasse d'argent d'une épaisseur d'environ un pouce. Il lui a dit de sortir et de passer le message qu'il ne marchait pas comme ça», est-il écrit dans les documents.

De retour en Cour

Gilles Vaillancourt doit revenir au tribunal ce mercredi, au Palais de justice de Laval, en compagnie de 36 autres suspects.

Ces personnes ont toutes été arrêtées il y a deux mois par l'Unité permanente anticorruption (UPAC).

Gilles Vaillancourt, son ex-directeur général Claude Asselin et l'ancien directeur des services d'ingénierie, Claude Deguise, sont notamment accusés de gangstérisme. L'entrepreneur Antonio Accurso figure aussi parmi les suspects.

Après avoir été visé par des allégations devant la Commission Charbonneau et ciblé par l'UPAC, Gilles Vaillancourt a démissionné de son poste de maire le 9 novembre dernier après avoir régné de façon incontestée à Laval pendant 23 ans.

-Avec La Presse Canadienne

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