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Mère Teresa ne serait pas si sainte, clament des chercheurs montréalais

Mère Teresa, en 1988.... (Photo Armand Trottier, archives La Presse)

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Mère Teresa, en 1988.

Photo Armand Trottier, archives La Presse

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La religieuse Mère Teresa, symbole mondial de l'altruisme et de la générosité, mérite-t-elle la béatification qu'elle a obtenue du pape Jean-Paul II, en octobre 2003? Pour un chercheur du département de psychoéducation de l'Université de Montréal, Serge Larivée, la réponse est non.

Avec deux collègues, il a répertorié 500 ouvrages consacrés à la vie de Mère Teresa. Leurs conclusions, qui seront publiées en mars dans la revue scientifique Studies in Religion, décrivent une femme qui acceptait l'argent des dictateurs, était contre le divorce et l'avortement et laissait les malades souffrir dans ses institutions caritatives aux normes d'hygiènes douteuses.

«Dans ses centres d'hospitalisations, les patients étaient laissés à eux-mêmes. Ils recevaient peu de soins palliatifs ou de médicaments pour soulager leurs douleurs, car pour Mère Teresa, souffrir rapprochait de Dieu», raconte M. Larivée.

Mère Teresa a ouvert 507 missions pour accueillir les pauvres et les malades dans une centaine de pays. Sa fondation caritative était soutenue par de nombreux millionnaires et politiciens, notamment la princesse Lady Diana et l'ex-président américain Bill Clinton. Certains de ses donateurs avaient toutefois des feuilles de route moins glorieuses.

«Elle a notamment reçu des dons de l'ancien dictateur haïtien, Jean-Claude Duvalier. Un homme lui a également offert un jet privé, et plus d'un million de dollars qui avaient été volés à des caisses de retraite de petits épargnants, aux États-Unis. Lorsqu'il a été cité en procès, elle a même écrit une lettre à la cour, pour le défendre», s'étonne le chercheur de l'Université de Montréal.

Au plan moral, Mère Teresa était une conservatrice. Elle était contre l'avortement et contre le divorce.

«Elle s'est opposée aux interruptions de grossesses des femmes bosniaques qui avaient été violées par des Serbes. Après, comment expliquer qu'une femme avec des opinions de la sorte ait pu recevoir le prix Nobel de la paix», se demande M. Larivée.

Selon l'équipe de chercheurs, la réputation de Mère Teresa n'est en fait qu'une immense opération de relations publiques. Même le miracle qui lui a permis d'obtenir sa béatification serait une fraude.

«Les soeurs religieuses de l'hôpital où était traitée une femme qui avait de graves douleurs à l'abdomen ont payé la patiente et son mari pour qu'ils affirment que Mère Teresa avait guéri ses douleurs. En fait, la femme était guérie grâce au travail des médecins, qui l'ont soignée», affirme M. Larivée.

Mère Teresa, une sainte, ou pas? Les chercheurs de l'Université de Montréal ouvrent le débat en décrivant une femme dont la vie aurait été utilisée par le Vatican pour revitaliser l'Église catholique en déclin.  Selon M. Larivée, une question demeure.

«Qu'est-il devenu des millions de dollars qu'elle a amassés pour sa fondation ? Selon les écrits qu'on a consultés, la majeure partie de ces fonds étaient destinés à construire des maisons pour les religieuses dans les pays où des hôpitaux étaient ouverts, ou allaient directement au Vatican», conclut le chercheur.

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