Exclusif

Failles dans la confidentialité à la SQ

La SQ assure que des policiers accompagnent les... (Photo: Alain Roberge, archives La Presse)

Agrandir

La SQ assure que des policiers accompagnent les employés des sous-traitants qui manipulent des documents confidentiels et qu'ils vérifient que ceux-ci sont bel et bien détruits selon les règles.

Photo: Alain Roberge, archives La Presse

Partager

Un homme de la région de Montréal a eu accès au quartier général de la Sûreté du Québec (SQ) et y a manipulé des documents «d'une grande sensibilité» pendant plusieurs mois avant qu'on évalue qu'il présentait un risque potentiel pour la sécurité, a appris La Presse.

L'employé d'une entreprise de déchiquetage de documents a perdu son emploi en mars dernier après qu'une enquête de sécurité a levé un drapeau rouge. Un tribunal administratif a interdit la diffusion du résultat de cette vérification. Sa publication «aurait pour effet de porter atteinte à la sécurité de l'État», a plaidé la SQ.

La SQ assure que ses protocoles de déchiquetage sont stricts et sûrs.

Mais la situation inquiète un expert en sécurité consulté par La Presse, qui affirme que les sous-traitants peuvent représenter des failles invitantes pour des personnes mal intentionnées.

Six mois d'accès

En septembre 2011, un homme - identifié par les initiales P.G. - a été engagé par une entreprise de déchiquetage de documents. L'un de ses clients était le quartier général montréalais de la Sûreté du Québec. P.G. admet avoir travaillé dans ce bâtiment. Six mois après, P.G. a perdu son emploi.

Ces informations proviennent d'une décision de la Commission d'accès à l'information. Elle a dû trancher lorsque P.G. a tenté, en vain, d'avoir accès à son enquête de sécurité.

Au cours de l'audience, une représentante de la SQ a expliqué que les employés de l'entreprise de déchiquetage devaient être au-dessus de tout soupçon. Le contrat «implique que des employés de cette compagnie aient accès aux locaux de l'organisme et récupèrent des documents dont le contenu est hautement confidentiel», indique la décision du commissaire, qui reprend les propos de Sylviane Cassivi, de la SQ. Le corps policier «détient des renseignements d'une grande sensibilité», a-t-elle ajouté.

P.G. a affirmé avoir fait l'objet d'une autre vérification au début de son emploi, mais le représentant de la SQ a répliqué qu'il ne savait pas à quoi il faisait référence. Il pourrait s'agir d'une vérification superficielle réalisée par une firme externe, a avancé la Commission.

Déchiquetage: un dossier sérieux

Sans commenter ce cas particulier, la Sûreté du Québec assure que les employés chargés du déchiquetage sont toujours accompagnés d'un policier à l'intérieur du quartier général.

«On prend très au sérieux le déchiquetage», a assuré le lieutenant Michel Brunet à La Presse, lors d'une entrevue téléphonique.

M. Brunet a expliqué qu'«il y a un policier qui assiste au déchiquetage des boîtes qui contiennent les documents sensibles» et que le policier vérifie même, par une lucarne donnant sur l'intérieur du camion, si les documents ont effectivement été détruits.

Des failles potentielles

Selon Michel Juneau-Katsuya, expert en sécurité nationale, ce cas démontre bien que malgré tous les efforts des corps policiers ou des agences gouvernementales, les sous-traitants peuvent représenter des failles dans la sécurité.

«Souvent, ces entreprises ont des employés temporaires ou un roulement [élevé]», a-t-il expliqué. Selon lui, il est fréquent de voir des organisations tourner temporairement les coins ronds afin de pouvoir envoyer rapidement un employé sur le terrain.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

la boite:1600127:box; tpl:300_B73_videos_playlist.tpl:file;

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer