Trois enfants trouvés morts à Drummondville

Deux soeurs âgées de 2 et 5 ans... (Photo: Hugo Sébastien Aubert, La Presse)

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Deux soeurs âgées de 2 et 5 ans ainsi que leur frère de 4 ans ont été trouvés sans vie vers 16h au domicile familial, un duplex de brique rouge situé au 596, rue Turcotte, à Drummondville.

Photo: Hugo Sébastien Aubert, La Presse

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(Drummondville) Trois jeunes enfants de la même famille ont été tués dans une résidence de Drummondville, dimanche en fin d'après-midi.

Anaïs, Loïc et Laurélie, âgés respectivement de 2, 4 et 5 ans, ont été trouvés sans vie vers 16h dans le logement de leur mère, à l'étage d'un duplex de brique rouge situé au 596, rue Turcotte. Les prénoms des enfants ont été confirmés à La Presse par une source près du dossier.

La mort par noyade ou par strangulation sont les hypothèses que retient la police, a-t-on aussi indiqué.

La mère des victimes, Sonia Blanchette, a été transportée aux soins intensifs de l'hôpital Sainte-Croix, où elle se trouvait toujours en milieu de soirée hier. Sa vie ne serait pas en danger. Elle est considérée comme un «témoin important», a confirmé la Sûreté du Québec.

Les policiers ne l'ont pas encore interrogée, a affirmé hier Christine Coulombe, porte-parole de la police. Ils le feront «dès que son état de santé le permettra». 

Le statut de témoin important «n'écarte pas la possibilité» de devenir un suspect, a précisé Mme Coulombe.

Mme Blanchette, 33 ans, s'était séparée de son conjoint, selon un couple d'amis accourus sur place et dont les propos ont été confirmés. L'homme, qui a refusé de s'identifier, avait les yeux rougis par l'émotion. Ils ont rapidement repris le volant pour se rendre chez la mère de Mme Blanchette.

Dans une fenêtre du logement, un dessin d'enfant forme les lettres «Lorelie», tout près d'un dessin qui semble représenter un bateau voguant sur l'eau.

Mauvaise réputation

La voisine immédiate, qui s'est identifiée par le prénom Véronique, a affirmé avoir entendu un cri retentissant vers 16h. «Je me suis rendu compte que c'était la grand-mère quand elle est revenue et elle s'est aperçue qu'ils étaient morts», a-t-elle rapporté, encore sous le coup de l'émotion. «J'ai vu qu'ils la sortaient elle [Sonia Blanchette] et qu'elle n'était pas morte. Et après ça ils ont descendu les trois corps.»

Le père des victimes a accouru après l'arrivée des ambulances, selon la voisine. Il a rapidement fait demi-tour est remonté dans sa fourgonnette.

Mme Blanchette avait mauvaise réputation dans le quartier. «Toute la rue la connaît et la trouve bizarre», a indiqué la voisine. Elle a ajouté qu'elle avait mené une âpre bataille pour la garde de ses enfants, qu'elle avait toutefois perdue aux mains de leur père.

«Ça ferait un an à peu près qu'elle ne les avait pas vus et elle avait demandé à les voir», selon Véronique. Toujours selon cette voisine, Sonia Blanchette a enlevé sa fille cadette l'an dernier. À l'époque, La Tribune avait révélé qu'une mère de 32 ans avait enlevé sa fillette de 14 mois. L'identité de ces deux personnes était toutefois protégée par une ordonnance de non-publication.

Selon une autre voisine, trois ambulances ont été dépêchées sur les lieux. Toutes avaient déjà quitté le logement vers 18h.

L'enquête commence

«Les enquêteurs des crimes contre la personne ont commencé leur travail», a indiqué Mme Coulombe vers 23h. Plus d'une dizaine d'enquêteurs sont affectés au dossier, selon l'un deux.

Toutes les lumières du logement dans lequel le drame se serait déroulé sont restées allumées pendant la soirée. On pouvait encore voir des pots de fleurs séchées par les fenêtres. L'entrée a toutefois été scellée par les policiers.

Le coroner Yvon Garneau a été mandaté pour faire les autopsies. C'est lui qui, plus tôt cet automne, avait servi une mise en garde aux médias quant à leur couverture des drames familiaux.

L'avertissement était contenu dans son rapport d'enquête sur le meurtre de deux enfants de 8 et 2 ans à Saint-Edmond-de-Grantham, en mai 2011. Leur père avait fait exploser un véhicule dans lequel ils se trouvaient.

***

Une longue liste de jeunes victimes

9 juillet 2012 > Un père de famille, Jocelyn Marcoux, 48 ans, et ses enfants de 11 et 13 ans sont trouvés morts brûlés dans leur garage à Warwick, au Centre-du-Québec. Les enquêteurs croient que l'homme était désespéré à l'idée de perdre la garde de ses enfants.

4 novembre 2011 > Au milieu d'une dispute sur la garde des enfants et au sujet du logement familial, Emmanuelle Phaneuf et sa fille de 13 ans, Laurie Phaneuf, sont assassinées à Longueuil. François Tartamella, son conjoint, a été accusé des meurtres.

2 mai 2011 > Deux enfants de 8 ans et 18 mois sont trouvés morts brûlés dans une camionnette, à Saint-Edmond-de-Grantham, près de Drummondville. Leur père, Martin Houle, 37 ans, est trouvé mort dans un bois près de là.

25 janvier 2011 > Un père et son fils sont trouvés morts dans la maison familiale à Saint-Julie. Selon la police, Serge Vézina, 50 ans, a tué son fils de 4 ans, Jérémie, avant de s'enlever la vie.

12 juin 2009 > Mohamed Lamine Keita asphyxie son fils de 11 mois en lui mettant des sacs de plastique sur la tête. Il était en dépression grave au moment du drame. Il a été déclaré non responsable de ce crime, pour cause de troubles mentaux.

20 février 2009 > Le cardiologue Guy Turcotte poignarde à mort ses enfants, Olivier, 5 ans, et Anne-Sophie, 3 ans, à Piedmont, dans les Laurentides. En juillet 2011, il est déclaré non responsable criminellement.

31 décembre 2008 > Cathie Gauthier-Lachance et son conjoint, Marc Laliberté, font un pacte de suicide qui emporte le père et leurs enfants âgés de 4, 7 et 12 ans, à Saguenay. Elle est déclarée coupable du meurtre prémédité de ses trois enfants et condamnée à la prison à perpétuité. Elle réclame un nouveau procès en Cour suprême.

***

Drames familiaux en chiffres

35% Les homicides familiaux représentent 35% de tous les meurtres perpétrés au Québec en 2011. Ce taux se compare à celui du Canada, de la France, de l'Australie et du Royaume-Uni.

32% Diminution du taux d'homicides familiaux, au Québec et au Canada, entre 1980 et 2009.

80% Proportion des homicides familiaux commis par un homme.

50% Plus de la moitié des homicides familiaux se produisent dans un contexte de séparation conjugale, réelle ou appréhendée.

30 à 35 Nombre moyen d'homicides familiaux commis chaque année au Québec.

1200 Nombre moyen de suicides commis chaque année au Québec.

Source: Rapport du comité d'experts sur les homicides familiaux, ministère de la Santé et des services sociaux, novembre 2012

(Note: ces statistiques se rapportent aux homicides familiaux comportant la mort d'enfants, de conjoints ou de parents)

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