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Diplômés universitaires: le Québec en retard malgré le gel

Entre 100 000 et 200 000 étudiants ont... (Photo: Marco Campanozzi, La Presse)

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Entre 100 000 et 200 000 étudiants ont manifesté le 22 mars dernier contre la hausse des droits de scolarité.

Photo: Marco Campanozzi, La Presse

Mathieu Perreault
La Presse

23%. C'est la proportion des Québécois de 22 ans qui sont allés ou vont à l'université. Ailleurs au Canada, cette proportion est de 38% en moyenne. Même si le Québec est la province canadienne où les droits de scolarité sont les plus bas, le taux de fréquentation universitaire y est le plus bas au pays.

L'étude ontarienne dont sont tirés ces chiffres conclut que la scolarité des parents, et non leur revenu, est le principal facteur d'accès aux études universitaires. «Si les parents gagnent 100 000$ plutôt que 50 000$, leur enfant a 2% plus de chances d'aller à l'université», explique l'auteur de l'étude, Ross Finnie, économiste à l'Université d'Ottawa. «Mais si les parents ont fait quatre ans d'études universitaires, leur enfant a 12,5% plus de chances d'aller à l'université que si ses parents n'ont jamais mis le pied à l'université.»

Par exemple, le taux de participation aux études universitaires est de 21% chez les enfants dont les parents ne sont pas allés à l'université et gagnent plus de 100 000$ par année. Il est de 56% chez les enfants dont les parents ont un baccalauréat et gagnent de 25 000$ à 50 000$.

Selon M. Finnie, les barrières sont donc «culturelles» plutôt que financières. «C'est sûr qu'il faut des programmes de prêts et bourses, dit-il. Mais les programmes de sensibilisation à l'importance des études postsecondaires, particulièrement chez les jeunes des milieux défavorisés, sont encore plus efficaces.»

L'étude de M. Finnie, publiée dans des cahiers d'un institut de recherche sur l'éducation de l'Université d'Ottawa, montre que le revenu parental a un effet plus grand pour les femmes que pour les hommes. Chez les femmes, d'ailleurs, l'écart avec le reste du pays est proportionnellement moins grand: 38% des Québécoises de 22 ans sont allées ou vont à l'université, comparativement à 53% ailleurs au Canada.

Le fait que les deux années de cégep n'existent pas dans les autres provinces, où l'on accède à l'université après 12 ans de scolarité, n'explique pas la différence, selon M. Finnie. Pierre Fortin, économiste à l'UQAM, rétorque que les Québécois sont plus nombreux à retarder leurs études et attaque la validité de l'échantillon de M. Finnie, qui comportait 16 000 personnes.

Selon Pier-André Bouchard St-Amant, qui a été président de la Fédération étudiante universitaire du Québec en 2005 et aujourd'hui économiste à l'Université Queens, l'étude de M. Finnie n'établit qu'une corrélation, pas un lien de cause à effet. Il a envoyé à La Presse des études qui montrent que des programmes de bourses améliorent l'accès aux études universitaires. «Et de toute façon, il faut agir sur les facteurs qu'on peut influencer, dit M. Bouchard St-Amant. On ne peut pas changer l'éducation des parents d'un étudiant.»

Brahim Boudarbat, économiste à l'Université de Montréal, souligne quant à lui que les Québécois font moins d'études postsecondaires, mais qu'ils sont deux fois plus nombreux (21% contre 9% ailleurs au Canada) à avoir un certificat de qualification professionnelle.

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