L'origine des calendriers de l'avent

Calendrier de 1984,

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Calendrier de 1984, "Les bergers de Noël"

Photos fournies par le Musée d'État des cultures européennes, Berlin

On sous-estime souvent notre dette à l'Allemagne en ce qui concerne Noël. On doit évidemment nos sapins au mariage, au milieu du XIXe siècle, entre la reine Victoria et le prince Albert (d'origine allemande), qui a lancé la mode dans la culture anglo-saxonne. Mais les calendriers et les couronnes de l'avent sont tout aussi germaniques.

«Les calendriers de l'avent ont été lancés en 1903 par un éditeur de livres illustrés médicaux bavarois», explique Tina Peschel, une conservatrice du Musée des cultures européennes de Berlin qui a créé une exposition sur le thème. «Gerhard Lang voulait perpétuer une tradition inventée par sa mère, qui lui donnait chaque matin de décembre une meringue pour l'aider à patienter jusqu'à Noël.» L'exposition de Mme Peschel fait le tour du pays depuis deux ans et se trouve en ce moment à Herne, ville voisine de Düsseldorf.

Selon Mme Peschel, la tradition a traversé l'Atlantique après la Seconde Guerre mondiale, quand les soldats américains ont envoyé des calendriers de l'Avent à leurs proches. Les éditeurs allemands ont commencé à inclure des brochures en anglais pour expliquer comment s'en servir. «La tradition a vraiment été lancée aux États-Unis quand le président Eisenhower s'est fait photographier avec ses petits-enfants en train d'ouvrir un calendrier de l'Avent», dit Mme Peschel.

L'imagerie des calendriers de l'Avent a fluctué avec les aléas du siècle. Les images pieuses du début ont graduellement fait place à des symboles de la modernité, puis de la puissance militaire de l'Allemagne. «Après la défaite de 1918, des animaux ont remplacé les soldats et les canons, qui sont revenus avec Hitler, dit Mme Peschel. La deuxième défaite en 1945 a mené à une sophistication et à une commercialisation de la tradition en Allemagne de l'Ouest, alors qu'à l'Est, toute connotation religieuse a été abandonnée.»

Les calendriers ouest-allemands ont ainsi connu la mode du mica (en verre, puis en aluminium parce que c'était moins dangereux) pour les rendre plus chatoyants. Pour faciliter la vente à l'international, le père Noël a remplacé le Christ enfant et des animaux ont remplacé les références culturelles à l'Allemagne traditionnelle. Les Allemands de l'Est ont rebaptisé la tradition «calendriers pré-Noël» et ont remplacé la crèche du 24 décembre par un sapin. «Il y a eu des inventions uniquement est-allemandes, comme la pyramide de l'avent, dit Mme Peschel. Mais les autorités n'ont jamais réussi à imposer le thème de la modernité, comme les prouesses spatiales soviétiques. Même les communistes voulaient de la neige sur leurs calendriers de l'avent.»

Détail intéressant, des calendriers à motifs religieux ont subsisté à l'est dans le marché du «recyclable», des calendriers vendus avec les niches vides, que les parents devaient par la suite remplir. «Mais contrairement aux calendriers réutilisables de l'Ouest, qui étaient remplis de jouets pour la première année, ceux de l'Est étaient vendus sans rien du tout au départ», précise l'anthropologue berlinoise.

Traditionnelles «montagnes de Noël»

Tina Peschel prépare maintenant une exposition sur les «montagnes de Noël», tradition uniquement présente en Saxe et disparue depuis la Seconde Guerre mondiale, notamment à cause de la laïcité imposée par les communistes. «Il s'agissait de régions minières situées à la frontière de la Bohème, explique Mme Peschel. À la fin du XVIIIe siècle, l'Autriche-Hongrie a interdit les crèches dans les Églises, ce qui a forcé la population à les installer chez eux. En Saxe protestante, la tradition des crèches était jugée suspecte par les autorités religieuses, mais au fil du XIXe siècle, la bourgeoisie saxonne a commencé à visiter les crèches des résidences privées de Bohème. Elle a importé la tradition et l'a fusionnée avec la passion pour les reproductions mécaniques de mines. Les plus grandes montagnes de Noël avaient des centaines de personnages animés mécaniquement et, au début du XXe siècle, plusieurs associations se concurrençaient pour avoir la crèche la plus sophistiquée. Nous avons quatre montagnes dans notre musée.»

L'avent, du latin adventus (arrivée), couvre les quatre semaines précédant Noël. Au départ, il s'agissait d'un guide d'hymnes et de prières permettant de se préparer à la naissance du Christ. Des pasteurs allemands romantiques ont, au début du XIXe siècle, voulu renforcer le lien entre Noël et les traditions païennes de la «fête de la lumière» liées au solstice d'hiver en lançant la coutume d'allumer, à chacun des quatre dimanches précédant Noël, une bougie autour d'une couronne de sapin.

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