Jacqueline Desmarais reçoit la Légion d'honneur

Le président français, Nicolas Sarkozy, Jacqueline Desmarais et... (Photo Marc Chaumeil, collaboration spéciale)

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Le président français, Nicolas Sarkozy, Jacqueline Desmarais et l'honorable Paul Desmarais, C.P., C.C., lundi à l'Élysée.

Photo Marc Chaumeil, collaboration spéciale

<p>Arrivé dans la capitale française au tout début des années 1970, Louis-Bernard Robitaille est de le doyen des correspondants québécois en France.</p>
Louis-Bernard Robitaille, collaboration spéciale
La Presse

(Paris, France) Plusieurs membres de la famille Desmarais avaient fait le voyage à Paris pour la circonstance. Ils se sont rassemblés lundi dans un salon d'honneur de l'Élysée afin d'assister à la remise de la Légion d'honneur à Jacqueline Desmarais, «grande amie de la France et grande dame des arts qui a mis sa vie au service du beau et du bien», des mains de Nicolas Sarkozy.

Tout d'abord, au premier rang, l'honorable Paul Desmarais, C.P., C.C., président du comité exécutif de Power Corporation du Canada, qui se dit «en parfaite santé», et les enfants Sophie Desmarais, Paul Desmarais, jr, O.C., et André Desmarais, O.C.

Plusieurs petits-enfants étaient également présents.

Il y avait aussi des amis du couple Desmarais: l'ancien premier ministre Lucien Bouchard, le parolier Luc Plamondon, l'ancien ministre Serge Joyal. Sans oublier quelques proches de longue date de l'honorable Paul Desmarais: le Belge Albert Frère, associé historique de Power Corporation, Martin Bouygues, géant dans le domaine des travaux publics et patron de TF1, première chaîne de télé privée d'Europe.

«C'est dans le courrier que j'ai appris cette nouvelle incroyable, nous a dit Mme Desmarais: j'avais la Légion d'honneur! Lorsque j'ai vérifié auprès du président, il m'a dit: C'est moi qui vais vous la donner, et vous choisissez votre date. Quand on pense à son emploi du temps!»

Comme si elle voulait presque s'excuser de détourner pendant une demi-heure le président français de ses activités, Jacqueline Desmarais s'est contentée de quelques mots de remerciement: «C'est tellement extraordinaire que vous ayez pris ce temps pour venir me remettre cette décoration. À un moment, j'ai pensé vous téléphoner pour vous dire de ne pas venir!»

La courte allocution du président Sarkozy a commencé sur un ton officiel: «Jacqueline Desmarais, vous faites partie de ces philanthropes qui essaient de rendre le monde meilleur. Celle que beaucoup de grands artistes appellent tout simplement Jackie aurait pu être une grande chanteuse. Elle a choisi d'être une mécène discrète, enthousiaste et pudique.»

A suivi une pirouette ironique: «En ce qui concerne l'opéra, vous détrompez certains des plus grands spécialistes. Dans sa Vie de Rossini, Stendhal écrivait que l'art ne peut vivre que de passion, c'est pourquoi il ne peut être du Nord... [rires] Jackie a prouvé par son activité débordante que la patrie de l'opéra n'est pas seulement l'Italie et que la passion peut prendre le visage de la pudeur et de la générosité.» On était ici entre intimes, ou presque: «À une époque où j'avais beaucoup moins d'amis qu'aujourd'hui - moins d'adversaires également -, Paul et Jackie m'ont longuement reçu chez eux au Québec. Paul n'a qu'un défaut: il n'aime pas que je le batte aux dames. Mais il m'a beaucoup conseillé et ses conseils ont été précieux. Et puis, je dois dire, chère Jackie, que tu formes avec lui un couple exemplaire. On se grandit à vous fréquenter.»

«Tu étais initialement passionnée de jazz. Tu as même chanté auprès des plus grands, tel Duke Ellington. Tu as continué à chanter au grand plaisir de tes amis, je devrais dire de tes admirateurs, au premier rang desquels Paul Desmarais, mon ami. Aujourd'hui, l'opéra mondial te doit beaucoup. La fondation qui porte ton nom a donné leur chance à de jeunes chanteurs de grand talent, qui ont pu se faire connaître en France. Tu fais beaucoup pour promouvoir la relation unique entre la France, le Québec et le Canada. Tu as été décorée de l'Ordre du Canada et as reçu un doctorat honoris causa de l'Université de Montréal. C'est la République française qui aujourd'hui te rend hommage.»

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