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Stéphanie Lafond alias Livia Monroe: la coiffeuse atypique

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Stéphanie déroule le tuyau d'arrosage dans son stationnement. Le soleil plombe. La journée parfaite pour laver la rutilante Porsche décapotable qui dort dans le garage de cette maison cossue de Blainville. «J'ai toujours été une fille qui tripe chars!», lance-t-elle.

Avec son short et ses longs cheveux châtains, Stéphanie Lafond correspond à l'image de la fille d'à côté.

Les voisins ignorent sans doute que leur voisine de 32 ans, qui a emménagé chez son copain l'an dernier, est une star de la porno retraitée.

Par amour pour son conjoint, Stéphanie a peu à peu tourné le dos à Livia Monroe, son alter ego dans l'univers du XXX.

Sa carrière avait débuté il y a six ans, par une bravade lancée par une amie effeuilleuse. «Elle m'a mise au défi de faire un stage avec elle. Je suis très timide, pourtant, mais je me suis aperçu que je pouvais le faire et que c'était payant.»

Elle commence à danser à temps partiel dans un bar de Laval, en plus de son travail de coiffeuse dans un salon de la Couronne nord.

Cette époque marque la naissance de Livia Monroe. «Au début, je dansais sous mon vrai nom, j'assumais. Livia est apparue quand j'ai commencé à faire des films.»

C'est une fois encore par défi qu'elle s'est retrouvée devant les caméras, après avoir vu une annonce dans le journal.

Des gens sortent de la maison d'à côté. Stéphanie interrompt son récit, esquisse une moue gênée. Une fois les voisins partis, elle reprend. «J'ai envoyé des photos et le gars de la production m'a rappelée le lendemain pour une audition.»

Deux semaines plus tard, on lui offre sa première scène.

Elle arrive sur le plateau. Quelque 70 personnes sont sur place, y compris un groupe d'étudiants qui font un travail sur l'industrie. «Il y avait des yeux partout. C'est mon plus gros malaise à vie!» La scène se déroule avec une autre fille. Une parfaite inconnue. «Salut, moi, c'est Livia, c'est moi qui viens te baiser avec un strap-on!», se rappelle en riant la retraitée.

On lui présente les bribes d'un scénario, lui suggère telle ou telle position, puis action! La caméra se met à tourner.

La scène se passe bien. Rapidement. «Quand on tourne une scène, moins on a de coupures, mieux c'est. Ça peut prendre de 30 minutes à 2 heures, selon le nombre de participants.»

Et le salaire? Il est loin d'être faramineux. Livia se braque lorsqu'on lui parle d'argent. Un sujet sensible dans l'industrie. «J'haïs parler de ça! Disons que le salaire varie selon l'expérience et la scène», résume Stéphanie. Pour sa première scène en solo, elle a gagné 200$.

Elle a participé en 2010 à la téléréalité Big Brother. L'objectif: vivre quelques semaines en huis clos avec 14 étrangers. «Je me suis inscrite au nom de Stéphanie, coiffeuse, maquilleuse et actrice porno.» C'est finalement sous le nom de Livia Monroe qu'elle prend part à l'émission.

À cette époque, la famille et plusieurs proches de la jeune femme ignorent tout. Stéphanie décide de lever le voile sur sa double vie par le truchement de la télévision. Du bonbon pour une émission de téléréalité. «Mon patron au salon n'était pas au courant, ni mon père ni mes soeurs. J'étais trop mal à l'aise. Dire à son père qu'on fait des films pornos, c'est pas évident...», souligne-t-elle.

Sa mère est morte il y a quelques années. Elle n'a jamais connu Livia Monroe. «C'est sûr qu'elle aurait été déçue. Aucun parent ne souhaite ça pour son enfant.»

Encore aujourd'hui, elle n'en revient pas de la tornade médiatique qui a déferlé après sa sortie publique. «Je sais qu'ils m'ont choisie à l'émission pour ça, mais je ne pensais pas que ça poserait problème en 2010 au Québec.»

Livia Monroe dit avoir été salement égratignée dans les médias et sur la place publique. «Je me faisais traiter de pute de fond de ruelle, de junkie. J'en ai pleuré une shot. On n'est pas une droguée ou une fuckée parce qu'on assume une certaine sexualité.»

L'effet Big Brother a toutefois eu des répercussions positives. Dans l'industrie du sexe, Livia Monroe était devenue la «saveur du mois». Les promoteurs de bar se l'arrachaient et Anne-Marie Losique a pris contact avec elle pour des activités promotionnelles. Au total, Livia Monroe a joué dans six films en deux ans.

Stéphanie a fini de laver la voiture. La carrosserie scintille. Assise à une table dans sa grande cour, elle flatte son chien Willy. Sereine. Elle passe aujourd'hui de plus en plus de temps au salon de coiffure. La poussière est retombée. Des regrets? «Ce n'est pas évident de sortir de ce milieu-là. On peut avoir tourné un film il y a 10 ans et il peut ressortir. Ça va me suivre toute ma vie. Mais Livia meurt à petit feu...»

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