Pas question de révéler le sexe de bébé

L'histoire de Storm, 4 mois, que l'on voit... (Photo: The Toronto Star)

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L'histoire de Storm, 4 mois, que l'on voit ici avec son frère Jazz, déchaîne les passions sur l'internet depuis que le Toronto Star a révélé son existence.

Photo: The Toronto Star

Louise Leduc
La Presse

Alors, c'est un petit garçon ou une petite fille? Un couple d'Ontariens refuse toujours de répondre à la question, même si leur bébé a aujourd'hui 4 mois. Ils veulent ainsi éviter que leur enfant ne soit défini en fonction de son genre, ce qui ne va pas sans déchaîner les passions sur l'internet depuis que leur histoire a été racontée dans le Toronto Star.

À part les deux frères de l'enfant, ses grands-parents et les deux sages-femmes présentes à la naissance, personne n'a été mis dans le secret.

Quand le bien nommé Storm est né, il y a 4 mois, ses parents ont envoyé un courriel à leurs proches: «Parce que nous vivons dans une société pleine de contraintes et que nous chérissons la liberté, nous avons décidé de ne pas révéler le sexe de Storm pour l'instant.»

Kathy Witterick, la mère, souhaite que son enfant ne s'embarrasse pas de ces conventions qui «l'obligent à choisir des coupes de cheveux, des vêtements et des couleurs qui sont réputés convenir à un sexe en particulier».

D'ailleurs, les deux aînés choisissent eux-mêmes leurs vêtements, de sorte que celui de 5 ans porte volontiers des robes (de préférence roses, sa couleur préférée) et les cheveux longs.

Quand on leur demande combien de temps encore ils refuseront de dire si Storm est un garçon ou une fille, les parents disent qu'ils mettront fin au mystère «quand nous vivrons dans un monde où les gens seront libres de leurs choix».

Ça pourrait donc être un peu long...

Pas les premiers

Aussi originaux soient-ils, ces parents n'ont rien inventé. En 2009, un couple de Suédois avait fait de même pour les mêmes raisons. «C'est trop cruel de mettre au monde un enfant en lui apposant d'emblée une étiquette rose ou bleue sur le front.»

Les Suédois voulaient eux aussi éviter que leur enfant soit traité différemment selon qu'il est un garçon ou une fille.

Dans les deux cas, la décision des parents a déclenché les passions sur l'internet. Dans le cas des Ontariens, cela a même donné un lieu à un article dans le journal britannique The Daily Mail, qui en a profité pour faire un rapprochement avec l'une des filles d'Angelina Jolie et de Brad Pitt, Shiloh Nouvel, qui aime manifestement l'allure garçonne.

«En manque d'attention»

C'est à la suite de tels articles que les internautes se manifestent. Certains lecteurs trouvent remarquable que les parents favorisent l'individualité de leurs enfants. La majorité d'entre eux sont outrés.

«Que ces gens-là ne viennent pas ensuite utiliser l'argent de mes taxes pour payer plus tard à l'enfant une psychothérapie», écrit l'un.

«Ils ont appelé leurs enfants Jazz, Kio et Storm, et ils ont rendu leur histoire publique. Manifestement, ils étaient en manque d'attention et là, ils en reçoivent.»

«Élever des enfants androgynes, c'est erroné, point à la ligne! Il faut célébrer la beauté des enfants tels qu'ils sont, et cela inclut leur genre.»

«Quelles toilettes l'enfant utilisera-t-il une fois à l'école? Si ma fille allait à son école et que je découvrais qu'un enfant pourvu d'un pénis utilise les mêmes toilettes qu'elle, je serais furieuse.»

Là-dessus, cette femme peut être rassurée. L'enfant n'utilisera pas les toilettes de l'école pour la simple et bonne raison qu'il n'ira pas à l'école: ses parents privilégient l'éducation à la maison.

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