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Victor Paré, ex-membre de l'Ordre: «Ce n'était pas une démocratie!»

Les neuf fondateurs de l'Ordre. Première rangée, de... (Photo: Archives nationales Ottawa)

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Les neuf fondateurs de l'Ordre. Première rangée, de gauche à droite: Adélard Chartrand, Émile Lavoie, F.-X. Barrette, Esdras Terrien, Louis-Joseph Châtelain. Deuxième rangée: Oscar Barrette, Philippe Dubois, Achille Pelletier et Charles Gautier.

Photo: Archives nationales Ottawa

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Entre 1955 et 1960, Victor Paré a été membre de l'Ordre de Jacques-Cartier. Il a gravi tous les échelons de l'organisation pour terminer au sommet de la pyramide, comme membre de la chancellerie. À 91 ans, il raconte son expérience.

Q Monsieur Paré, comment êtes-vous entré dans la Patente?

R Ça fonctionnait sur invitation. On venait vous chercher, en se basant sur ce que vous étiez et ce que vous faisiez. Moi, ils m'ont demandé parce que j'étais très engagé dans des associations franco-ontariennes. J'ai eu l'impression d'embarquer dans un gros bateau.

 

Q Vous avez été initié? Racontez-nous.

R Ce n'était pas seulement «sauter la vache», comme ils disent chez les Chevaliers de Colomb. Il y avait des initiations différentes selon qu'on était au premier ou au quatrième degré de l'Ordre. On nous mettait un bandeau. On passait l'épreuve de l'eau, de l'air, du feu. Ça se terminait avec un orateur de marque qui nous parlait pendant 15 minutes. Quand on rentrait chez nous après, on était pas mal enflammés!

Q Jusqu'à quel point était-ce secret?

R Ça l'était surtout dans les hautes sphères. Dans les commanderies, toutes nos assemblées se terminaient par ces mots: «Discrétion! Discrétion! Discrétion!» Dans les familles, ça prêtait à des situations cocasses. Les femmes voyaient partir leur mari, ça causait des soupçons! Il a fallu que les curés s'en mêlent!

Q Pourquoi avez-vous cessé d'en faire partie?

R C'était très hiérarchisé. Les mots d'ordre étaient tracés par la chancellerie. On devait suivre ou se taire. C'est pour ça que plusieurs en sortaient. Ils trouvaient ça trop dur. On était moralement obligés, même quand on n'était pas d'accord. Parfois, les mots d'ordre allaient à l'encontre de certaines personnes dans leur carrière. Ce n'était pas un parti démocratique, vous savez. C'était à sens unique. J'ai quitté à un certain moment parce que je n'étais pas d'accord avec la politique de la chancellerie et parce que j'avais l'impression qu'on me prenait pour un bout de caoutchouc. Moi, je voulais faire partie du dialogue...

Q Avez-vous l'impression, avec le recul, que cette organisation était pertinente?

R J'ai toujours considéré l'Ordre comme un point de ralliement. On nous expliquait toujours le pourquoi des actions. C'était de vraies écoles de patriotisme où on développait la pensée de nos ancêtres. En fait, je pense que ça a été l'école la plus complète que les Canadiens français se sont donnée. Quand on entrait dans l'Ordre, souvent, on ne connaissait pas grand-chose des questions nationales. Participer aux assemblées, lire L'Émerillon (le journal de l'Ordre, ndlr), on n'était plus le même homme, après ça. Je peux le dire, j'ai pleuré quand l'Ordre s'est fait hara-kiri.

 




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