La Presse ne sera plus publiée le dimanche

Le président et éditeur de La Presse, Guy... (Photo: André Pichette, La Presse)

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Le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, a lancé un appel aux employés, leur demandant de revoir leurs conditions de travail à la baisse.

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Confrontée à une situation financière difficile, La Presse cessera de publier le dimanche à compter du 5 juillet prochain.

Le président et éditeur de La Presse, Guy Crevier, a annoncé cette décision aux employés du quotidien, rassemblés à huis clos hier après-midi au Palais des congrès à Montréal.

En plus de l'abandon de l'édition dominicale, publiée depuis 25 ans, d'autres mesures entreront en vigueur prochainement pour permettre au journal de réduire ses coûts de production. Ainsi, La Presse changera de format : dès le mois d'août, elle perdra un pouce de largeur. Auparavant, le journal a aussi annulé son stage de formation annuel pour jeunes journalistes.

Mais tous ces efforts ne suffiront pas à combler un déficit qui pourrait atteindre 24 millions en 2009. «Actuellement, nous brûlons 2 millions par mois», a dit Guy Crevier, soulignant que le déficit de la caisse de retraite, qui atteint 113 millions, s'ajoute à ce manque à gagner.

Il a donc lancé un appel aux employés, leur demandant de revoir leurs conditions de travail à la baisse. Ces concessions, qui pourraient toucher la durée de la semaine de travail, les vacances et même les salaires, devront permettre des économies annuelles de 13 millions.

Cet appel à des concessions vise autant les journalistes que les employés de bureau ou ceux de la distribution du journal. Plus des deux tiers des syndiqués de La Presse bénéficient de la semaine de quatre jours, a souligné Guy Crevier. Ce dernier a promis que les cadres seraient, eux aussi, mis à contribution.

«Notre préoccupation, c'est de sauver La Presse», a assuré Guy Crevier, qui a dit ne pas tenir ce discours «de gaieté de coeur».

Le Syndicat des travailleurs de l'information de La Presse, dont le contrat de travail est échu depuis le 31 décembre dernier, n'a pas apprécié que l'employeur identifie les mesures de compression possibles, ce qui «outrepasse les règles de la négociation», selon sa présidente Hélène De Guise.

Celle-ci n'a toutefois pas écarté la possibilité que les syndiqués contribuent à l'effort de redressement du journal. Mais pour cela, elle aimerait pouvoir consulter les états financiers du quotidien. «S'il faut mettre l'épaule à la roue, nous allons le faire, mais nous voulons d'abord vérifier les chiffres», a-t-elle dit.

Selon Guy Crevier, trois facteurs contribuent à la mauvaise situation financière de La Presse : la récession, le déficit du régime de retraite qui atteint 113 millions, et l'exode des annonceurs qui quittent la presse imprimée au profit de l'internet.

«La récession a été subite et brutale, la moitié des journaux américains sont aujourd'hui déficitaires», a-t-il dit. Il a rappelé que les pertes de revenus publicitaires touchent tous les journaux en Amérique du Nord, et que la publicité qui déserte l'imprimé ne se retrouve pas automatiquement sur les sites web des organes de presse.

Par exemple, aux États-Unis, les journaux ont perdu 14 milliards de revenus publicitaires entre 2000 et 2008. Leurs sites internet, eux, vendent pour 3 milliards de publicités. «Onze milliards se sont évaporés», a déploré Guy Crevier.

Le phénomène s'accélère, selon lui : «Depuis le début de 2009, on descend plus vite que ce qu'on avait prévu.» Cela sape tout le modèle d'affaires qui a permis aux journaux de subsister jusqu'à maintenant.

Guy Crevier se dit convaincu que «La Presse a toujours un avenir». Il a d'ailleurs offert aux employés de participer, à raison de 15%, aux futurs bénéfices que le nouveau modèle d'affaires, débarrassé de la «lourde structure de coûts» du journal, pourrait engendrer une fois que le quotidien aura traversé cette période délicate.

Mais les changements qui affectent l'industrie tombent à un bien mauvais moment, selon Guy Crevier : «Le modèle d'affaires d'hier ne fonctionne plus, le modèle de demain n'est pas en place, et on se retrouve entre les deux au pire moment que l'on puisse imaginer.»

Le président et éditeur de La Presse entreprend dès cette semaine des rencontres avec les différents groupes d'employés du journal pour les convaincre de participer à l'effort de redressement. «Nous ne voulons pas nous battre contre nos employés», a-t-il assuré.

Les syndicats qui représentent l'ensemble des employés de La Presse doivent faire connaître une réaction commune aujourd'hui. Et le syndicat des journalistes du quotidien doit tenir une assemblée prochainement.

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