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Applebaum dit n'avoir «rien fait de mal»

Michael Appelbaum dit avoir assez de se «battre... (Photo: Alain Roberge, La Presse)

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Michael Appelbaum dit avoir assez de se «battre contre des mirages».

Photo: Alain Roberge, La Presse

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Un enquêteur de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a-t-il réellement assuré le maire Applebaum qu'il pouvait dormir sur ses deux oreilles, comme il le soutient? L'UPAC a refusé de confirmer cette affirmation, hier, pour venir au secours du maire de Montréal. Même mutisme au ministère de la Sécurité publique.

Des réactions normales et prévisibles, rappelle-t-on dans les milieux policiers, où l'on s'étonne encore des déclarations du maire.

Mais l'intéressé maintient sa ligne de défense. En point de presse hier midi, il a répété avoir parlé récemment à un superviseur de la Sûreté du Québec, dont il a cité le nom, qui lui aurait assuré qu'il n'était «clairement» pas visé dans le cadre des enquêtes.

«Est-ce qu'il m'a dit la vérité? Je pense que oui», a dit le maire.

Seule certitude, cette conversation a bien eu lieu, selon ce qu'a pu vérifier La Presse. Sa teneur demeure secrète, comme toute communication entre un témoin ou un suspect et un enquêteur.

M. Applebaum a surtout montré son exaspération devant ce qu'il considère comme des «rumeurs, allégations et supposées sources sûres», et le fait qu'il doive se «battre contre des mirages». «Assez, c'est assez!»

Sans vouloir se prononcer sur le cas de Michael Applebaum, la porte-parole de l'UPAC rappelle que, dans toute enquête, «un témoin en cours de route peut devenir un suspect, et l'inverse est vrai aussi». «Les enquêtes évoluent en permanence, a dit Anne-Frédérick Laurence à La Presse, en fonction des témoignages recueillis, des informations obtenues lors de perquisitions, etc.»

Déneigement et dézonage

Hier, La Presse a révélé que l'UPAC travaillait en fait sur deux dossiers liés à Michael Applebaum, dans le cadre de ses fonctions de maire de l'arrondissement de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce. L'un d'eux, ouvert depuis 2010 par les policiers de l'escouade Marteau, concernerait le paiement d'une somme d'environ 100 000$ à un entrepreneur en déneigement contre l'avis de deux cadres de l'arrondissement qui soupçonnaient une fraude, et la diminution du montant des amendes qu'il aurait reçues.

Hier, M. Applebaum a nié avoir discuté de ces dossiers avec l'entrepreneur en question. Selon lui, l'entrepreneur aurait été la victime collatérale d'une chicane entre des «employés» de l'arrondissement et leur patron.

«Des fonctionnaires ont été obligés de reconstituer des factures [a posteriori] pour payer l'entrepreneur, reconnaît-il. Tout est clean dans ce dossier.»

Le second dossier, qui est aussi entre les mains de la commission Charbonneau, est lié à l'acquisition en 2003 par le promoteur Lee Lalli, proche de la mafia dit-on, mais «businessman» comme les autres, selon M. Applebaum, d'un vaste terrain près du boulevard Décarie et des changements de zonage qui sont intervenus. Ce terrain était aussi convoité par le promoteur Tony Maggi, autre proche de la mafia. Lee Lalli a soutenu à Radio-Canada qu'il avait bénéficié d'informations privilégiées de la part du maire Applebaum, dont il était un fervent partisan. Mais il s'est rétracté dans The Gazette. Le Devoir a pour sa part révélé que Lee Lalli a organisé, en août 2003, une soirée de financement d'Union Montréal, en présence de M. Applebaum, de Gérald Tremblay et de son frère Marcel, au restaurant Cantina, alors un des lieux de rencontre de la pègre montréalaise.

Se disant convaincu que «ces enquêtes ne vont rien donner» parce qu'il n'a «rien fait de mal», Michael Applebaum ne voit qu'une explication à ses malheurs actuels: «Je suis maire de Montréal, je suis la saveur de l'année, c'est le jeu.»

Du côté du ministre des Affaires municipales, on préfère s'abstenir de commenter ces «nouvelles allégations» embarrassantes pour le maire de Montréal. Au cabinet du ministre, on indique néanmoins «suivre la situation de près», mais vouloir «laisser travailler les policiers».

Silence radio aussi au bureau du ministre de la Sécurité publique, Stéphane Bergeron, appelé à la rescousse hier par Louise Harel pour tirer cette affaire au clair.

Tant au cabinet qu'au Ministère, on rappelle n'être «jamais informé sur les enquêtes policières en cours», donc qu'on ne peut faire de commentaires.

Pour joindre notre journaliste: fdepierrebourg@lapresse.ca

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